Astuces pour insuffler l’esprit métisse

Par où commencer et comment faire ? C’est la question que se posent parfois ceux qui adhèrent à la vision du projet Église métisse et qui voudraient se lancer. Dans ce qui suit, nous proposons trois portes d’entrée pour insuffler l’esprit métisse dans une paroisse ou un clocher. Elles sont le fruit de notre expérience. L’Église Catholique a toujours été « métisse » par vocation. Nous ne la réinventons pas, nous voulons juste vivre pleinement ce qu’elle est, dans le souffle de l’Esprit. Ces propositions ne sont pas une liste exhaustive mais un guide pour le débutant. Elles seront reprises lors de la formation du 12 novembre 2022 à Poissy.

La porte d’entrée des comités d’accueil 

L’accueil est au cœur de la vision de l’Église Métisse, l’accueil des différences et des richesses. Aller vers l’autre, l’écouter, le connaître, lui donner de la place chez soi. En ce sens, les comités d’accueil paroissiaux sont importants. Ils sont la porte d’entrée la plus représentative de l’esprit métisse. Ils sont aujourd’hui essentiellement tournés vers l’accueil des paroissiens à la messe. Mais ils peuvent avoir des fonctions complémentaires, depuis l’organisation du traditionnel verre de l’amitié à la fin de la messe jusqu’à la supervision d’événements sur la paroisse. Les rencontres spontanées autour d’apéros, repas, verres de l’amitié sont un accélérateur efficace de l’esprit métisse. Pensons à Jésus qui se faisait inviter aux repas afin de se familiariser avec les personnes qu’il était venu sauver.

Ces comités d’accueil donnent vie à la paroisse. Leurs membres partagent souvent un même accessoire vestimentaire (foulard, tunique, étole…). Ils se sentent responsables de la sécurité et du confort des paroissiens, répondent aux questions et orientent vers les personnes compétentes, donnent des instructions pour les déplacements ou autres. À la fois très présents et discrets, ils contribuent fortement à donner à la paroisse une image souriante et dévouée.

La porte d’entrée des fraternités

On entend par fraternité, tout regroupement sur une paroisse à partir d’origines ethniques ou culturelles similaires. Ainsi, on rencontre des fraternités tamoule, africaine, antillaise, congolaise, portugaise, malgache, vietnamienne, libanaise, etc … Mais la présence d’Africains sur une paroisse ne veut pas dire qu’il existe une fraternité africaine tant qu’il n’y a pas eu d’Africains ayant décidé de se regrouper périodiquement pour manifester leur présence et leur culture. Et cela demande un peu d’organisation ! Les messes des peuples sont des accélérateurs à la création et valorisation de fraternités. Elles se constituent à cette occasion et participent ensuite joyeusement à l’animation des messes en proposant des chants, danses et repas de leurs cultures.

A première vue, les fraternités pourraient être perçues comme contraires à l’esprit métisse qui aurait pour objectif de plutôt faire disparaître les barrières culturelles. Mais motiver les personnes de mêmes origines à se retrouver, c’est leur garantir un premier sentiment d’accueil et de reconnaissance au sein de l’ensemble plus large qu’est la paroisse. Il revient aussi aux fraternités d’accueillir tout paroissien qui se sent proche de leur culture, soit par son affinité avec une personne, soit par ses expériences de voyage, soit par son simple intérêt ou sa curiosité. L’Esprit Saint se rend présent pour faciliter ces rencontres qui semblent peu évidentes au départ. Ces fraternités peuvent aussi développer un esprit missionnaire auprès de leurs frères à travers l’éducation chrétienne des enfants, la compassion au moment des épreuves et des deuils, le soutien moral…

La porte d’entrée des chorales, chœurs ou groupes de chant

Les chorales, chœurs ou groupes de chant sont par expérience les groupes qui attirent le plus facilement des paroissiens à s’engager dans les activités de paroisse. Ils ont la plupart du temps une bonne visibilité et une présence connue de la communauté. Deux options sont possibles. Soit un groupe de chant existe déjà, et on essaie de l’ouvrir à la diversité culturelle. Soit il n’existe pas et on doit le créer. Tout groupe n’est pas multiculturel du seul fait de la présence de membres d’origines culturelles différentes. Il faut encore qu’il soit ouvert à l’accueil et à la valorisation de ces différences. Faire porter l’esprit métisse par un groupe de chant, c’est lui insuffler les valeurs d’accueil, de diversité, d’acceptation, de droit à s’exprimer, de service dans la vie du groupe et dans la communauté paroissiale (Voir article sur le Chœur Émeraude). Si le groupe de chant vit les valeurs d’accueil et d’acceptation, son rayonnement enverra un message fort à tout le clocher et même à la paroisse.

Giovanni et Myriel

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